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Diversité sexuelle et de genre : luttes passées et actuelles

La fierté « gaie »? Luttes passées et actuelles de mouvement LGBTQIA+

Pourquoi une parade de la fierté LGBTQIA (Lesbiennes, gais, bisexuel.le.s, personnes trans, queer, en questionnement, intersexes, asexuel.le.s et aromantiques) et pas une parade de la fierté hétérosexuelle?

Parce que depuis longtemps, et encore aujourd’hui, les personnes de la diversité sexuelle et de genre se battent pour faire reconnaître leur existence ainsi que leurs droits les plus élémentaires. Une manifestation de leur existence est donc encore aujourd’hui un acte de visibilité essentiel pour promouvoir les luttes qui demeurent actuelles.

1969

Décriminalisation des actes homosexuels par le gouvernement canadien.

Émeutes de Stonewall, un bar illicite de New York qui rassemble les personnes qui ne sont pas acceptées dans les autres bars : dragqueens, travestis, personnes racisées et de la classe ouvrière. La descente du 28 juin est la goutte qui fait déborder le vase, la brutalité policière fait exploser la colère des client.e.s du bar, qui répondent à la violence par la violence tout en chantant des slogans subversifs. Cette émeute se poursuit pendant plusieurs nuits et est considérée comme l’étincelle qui a donné naissance au mouvement de libération LGBTQIA+ aux États-Unis.

1976

En prévision des jeux olympiques, Jean Drapeau, le maire de Montréal, lance une opération nettoyage qui vise entre autres à fermer les bars et saunas gais. Plusieurs centaines d’homosexuels sont emprisonnés.

1977

Descente au bar gai TruXX, environ 150 clients sont arrêtés. Le lendemain, plus de 2000 personnes manifestent spontanément dans les rues de Montréal. Cela mène à l’ajout dans la Charte canadienne des droits et libertés de l’interdiction de toute forme de discrimination sur la base de l’orientation sexuelle.

L’État civil du Québec permet le changement de mention de sexe pour les personnes trans à condition de subir une stérilisation chirurgicale.

1990

Descente au Sex Garage, un party rassemblant gays, lesbiennes et dragqueens à Montréal. Alors qu’elles essaient de quitter l’endroit, plus de 400 personnes sont brutalisées par les policiers, qui miment des gestes obscènes en proférant des insultes homophobes. Plus tard le même jour, un sit-in est organisé pour demander une rencontre avec des représentants de la police. La demande étant acceptée, un kiss in est organisé le lendemain devant le poste de police du centre-ville, mais est cette fois accueilli par des tireurs d’élite et des policiers antiémeutes. La violence éclate cette fois en plein jour, ce qui attire la sympathie de l’opinion publique envers ceux et celles qui étaient encore la veille considérés comme des pervers débauchés. Cet enchaînement d’événements mobilise et rassemble la communauté LGBTQIA+, ce qui favorise la création de regroupements qui encore aujourd’hui se battent pour la reconnaissance des droits des minorités sexuelles.

2004

Après deux ans de bataille judiciaire, le mariage entre conjoints de même sexe est légalisé au Québec.

2015

L’État civil du Québec permet le changement de mention de sexe pour les personnes trans sans obligation de traitement médical. Cette politique exclue toujours les enfants trans, les immigrant.e.s trans et les personnes non binaires.

2016

L’État civil du Québec permet le changement de mention de sexe pour les enfants trans.

Luttes actuelles

Don de sang : À partir de 1977, les hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes font face à une interdiction à vie de donner du sang au Canada, en raison de l’épidémie du SIDA qui frappe en particulier les hommes homosexuels et bisexuels. Cette interdiction permanente est remplacée par une période d’abstinence de 5 ans en 2013, puis de 1 an en 2016. Cette mesure discriminatoire a été introduite et est maintenue entre autres à cause de préjugés exprimés par des groupes représentant les personnes transfusées. Les femmes trans sont aussi visées par cette mesure discriminatoire, car elles sont considérées comme des hommes si elles n’ont pas eu de chirurgie génitale. Une femme trans ne peut donc pas donner du sang si elle a des relations sexuelles avec un homme cisgenre, jusqu’à un an après avoir subi une vaginoplastie. Cela est absurde, puisqu’aucune évidence scientifique ne permet de déduire que le risque d’infection au VIH est plus ou moins grand avant ou après des chirurgies génitales chez les femmes trans.

Mutilations génitales : Encore aujourd’hui au Québec, des mutilations génitales sont pratiquées sur des bébés naissants, des enfants et des adolescents pour leur redonner une apparence « normale », sans leur consentement. C’est-à-dire que si le clitoris d’un enfant est « trop long », que ses grandes lèvres ont « trop » fusionné ou que sa combinaison d’organes reproducteurs est « étrange » à cause de différentes conditions d’intersexuation, les médecins pratiquent des interventions chirurgicales purement esthétiques qui provoquent presque inévitablement des pertes de sensation sexuelle et des traumatismes psychologiques.

Immigrant.e.s trans : Malgré les récents changements de législation permettant aux personnes trans de changer leur mention de sexe (F ou M) sans devoir subir de chirurgies génitales ou d’évaluation psychologique, la procédure demeure inaccessible aux personnes qui n’ont pas la citoyenneté canadienne ou qui demeurent au Québec depuis moins d’un an. Les immigrant.e.s trans devraient donc en théorie suivre le processus de changement de mention de sexe de leur pays d’origine, ce qui est absurde étant donné que leur immigration est souvent motivée par les discriminations qu’iels y subissent et de l’inexistence de ce type de processus.

Enfants trans : Des changements de législation récents permettent aux enfants trans de changer de prénom et de mention de sexe. Cependant, si l’enfant a moins de 14 ans, ses deux parents doivent consentir au changement, ce qui pose des problèmes évidents pour les jeunes trans qui n’ont pas le soutien de leurs parents ou qui vivent en centre jeunesse. De plus, contrairement aux adultes trans, les enfants trans doivent obtenir un diagnostic médical ou psychologique qui atteste que le changement de la mention de sexe et du prénom est approprié, ce qui pathologise le parcours des jeunes trans et le complexifie, au vu de la faible accessibilité des services de santé pour les personnes trans.

Personnes non binaires : Les personnes trans non binaires sont aussi exclues des nouvelles lois permettant aux personnes trans de changer leur mention de sexe, car elles ne sont ni des hommes ni des femmes et elles n’ont le choix qu’entre le F et le M. Puisque la mention de sexe est présente sur la plupart des pièces d’identité (passeport, permis de conduire, carte d’assurance maladie), elles vivent des discriminations quotidiennes.

Relations sexuelles anales : L’âge de consentement sexuel au Canada est de 16 ans, avec des exceptions permettant les relations sexuelles entre les adolescents selon leur différence d’âge. Cependant, l’âge de consentement pour les relations sexuelles anales hors mariage est de 18 ans, ce qui est un double standard affectant particulièrement les couples homosexuels. Les relations anales sont également criminalisées si plus de deux personnes sont présentes.

 

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Les frais de scolarité et l’accès à l’éducation: une perspective historique

Les frais de scolarité et l’accès à l’éducation : une perspective historique.

Au début des années 1960, les Québécois.e.s sont scolarisé.e.s dans des proportions anémiques : seulement 13 % des élèves francophones complètent leur 11e année et un maigre 3 % des jeunes de 20 à 24 ans fréquentent l’une des trois universités francophones. Le système d’éducation québécois a donc un rattrapage immense à effectuer pour se comparer à celui des autres sociétés occidentales.

Le Parti libéral de Jean Lesage est élu en 1960, après avoir promis la gratuité scolaire en campagne électorale, et jette les bases de la modernisation et de la démocratisation de l’enseignement, notamment en mettant l’accent sur le droit à l’éducation. Bientôt, le ministère de l’Éducation est fondé, les polyvalentes et les cégeps sont créés,  le réseau de l’Université du Québec est établi et un système de prêts et bourses est mis sur pied. La gratuité scolaire est implantée de la maternelle au collégial alors que les droits de scolarité universitaires sont gelés, dans le but explicite d’arriver à la gratuité à long terme.

Ces mesures progressistes donnent lieu à un bond fulgurant dans le taux de fréquentation des universités, jusqu’à ce que le dégel des frais de scolarités de 1990 freine brusquement cet élan. Les frais passent de 500 $ à 1200 $ par année en deux ans, avec une indexation selon l’indice des prix à la consommation (IPC) jusqu’en 1994. Entre 1990 et 1996, le taux d’accès à l’université chute drastiquement et n’est rétabli que près de 10 ans plus tard.

En 2011, alors que les étudiant.e.s québécois.e.s n’ont même pas encore fini d’essuyer une autre hausse de 500 $ sur cinq ans, le gouvernement libéral de Jean Charest décrète la plus grande hausse des droits de scolarité de l’histoire du Québec. Cette annonce provoque une crise sociale majeure pendant tout le printemps 2012. Les tenants du pour et du contre s’affrontent dans l’arène politique à coups d’études contradictoires sur l’effet d’une hausse des droits sur la fréquentation scolaire. Sûr et certain d’obtenir l’appui de la population, Jean Charest déclenche des élections générales. Il est défait par le Parti Québécois de Pauline Marois, qui annule la hausse et la remplace plus tard par une indexation.

À la suite de ce conflit, peu de personnes pouvaient se faire une tête sur les réels impacts d’une augmentation des droits de scolarité. C’est pourquoi plusieurs recherches se sont penchées sur le sujet, concluant pour la plupart que la hausse annoncée aurait eu peu d’impact sur le taux de fréquentation global des universités, de l’ordre de quelques points de pourcentage.

Cependant, une de ces études (Bastien et al., 2014) s’est penchée sur une plus longue période de temps et s’est intéressée à l’origine sociale des étudiant.e.s. Ses conclusions sont qu’une augmentation des frais de scolarité universitaires de 1000 $ aurait un impact global d’environ 3 % de diminution des effectifs étudiants. Cependant, cet impact global cache les effets désastreux sur les personnes qui ont des parents moins éduqués : augmenter les frais de scolarité de 1000 $ diminue l’accès à l’université de 19 % chez les personnes dont les parents n’ont pas fait d’études postsecondaires, alors que la même hausse augmente l’accès de 10 % pour les personnes dont les parents ont fait des études universitaires.

En somme, les hausses de frais de scolarité ne diminuent pas de façon alarmante l’accès aux études postsecondaires. Cependant, elles entravent le processus de démocratisation de l’éducation entamé lors de la Révolution tranquille, c’est-à-dire qu’elles contribuent à la scolarisation des tranches les plus favorisées de la société au détriment des moins avantagé.e.s d’entre nous.

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Histoire des luttes étudiantes

Il est dorénavant possible de consulter en ligne l’histoire de l’Association étudiante du Cégep de Sherbrooke et des luttes qui ont eu lieu au Québec.

Consultez l’onglet:

http://aecs.info/historique/

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40 ans de luttes étudiantes

Venez vivre l’histoire de l’Association étudiante du Cégep de Sherbrooke en 3D, en textes, en son et en images!

Cette rétrospective met en valeur des documents d’archive, des photos, des vidéos, des publications originales, des créations artistiques uniques de Frank Poule, Mathieu Phaneuf, David Goudreault, Noémie Fortin, Joëlle Crevaux, Kala Brese et plus encore.

JUSQU’AU 1er MARS 2016!
Au Centre de diffusion ArtFocus, coin King-Welington, Sherbrooke.

Horaire:

Mercredi: 11h00-19h00
Jeudi: 11h00-20h00
Vendredi: 11h00-19h00
Samedi:11h00-17h00